Le Nigeria fait de nouveau taire les Lions (0:3)

Date 29/6/2005 12:10:00 | Sujet : Sport

Confronté pour la deuxième fois consécutive à un public 'local' hostile, le Nigeria a composté son billet pour la finale du Championnat du Monde Juniors de la FIFA, Pays-Bas 2005. Pour ce faire, il a aisément dominé une formation marocaine pourtant bien encouragée ce 28 juin à Kerkrade. Devant les gradins d'un stade Parkstad Limburg acquis à leur cause, les malheureux Nord-africains n'ont rien pu opposer au Nigeria et aux buts ravageurs de Taye Taiwo, Olubayo Adefemi et Chinedu Ogbuke.


Ce soir, nous avons mérité de gagner, indiquait après la rencontre le sélectionneur nigérian, Samson Siasia. Nous avons pratiqué du bon football dès l'entame et, pour vous dire la vérité, je crois rêver. Une place en finale, c'est vraiment miraculeux." A quelques heures de la deuxième demi-finale, la colonie de supporters qui a envahi les abords du stade donnait l'impression qu'une des deux équipes allait jouer à domicile. Sauf que les encouragements résonnant dans Kerkrade, où les Oranje ont été stoppés en quarts par le Nigeria, s'adressaient cette fois au Maroc. Dès les premières minutes, le capitaine nigérian Promise Isaac, déjà bandé à la cheville et à la cuisse droites, est sévèrement cisaillé au centre du terrain. Voilà qui promet : le Maroc est bien décidé à montrer toute sa détermination d'entrée de jeu. Alors que chaque mouvement nigérian est accompagné par une bordée de sifflets d'un public pour le moins partisan, le numéro 10 des Flying Eagles - qui jouerait blessé depuis le début du tournoi - regagne laborieusement mais courageusement le terrain. Non sans avoir reçu quelques soins… Taye Taiwo n'en finit plus d'être héroïque Très vite, les Marocains parviennent à poser leur jeu alerte fait de passes rapides. Proposant un football à la fois inspiré et engagé, ils règnent en maîtres sur le début de rencontre. Mais cette suprématie ne fera pas long feu. Dans cette mi-temps tendue, polluée par les tirages de maillots et les frictions, la première vraie occasion échoit à l'une des sensations de la compétition : l'arrière latéral marseillais Taye Taiwo. A la 24ème minute, son violent coup franc des 25 mètres ne peut être maîtrisé par le gardien marocain, Mohammed Bourkadi, qui constate avec soulagement que John Owoeri, en maraude, n'a pas sanctionné son approximation technique. Quelques instants, plus tard, Owoeri, qui évolue d'ailleurs aux Pays-Bas, est encore au cœur de l'action. Malgré toutes ses protestations, il ne parviendra toutefois pas à convaincre l'arbitre uruguayen de siffler un penalty en sa faveur. Alors que la partie commence à s'emballer et le rythme du jeu à s'élever, les Nigérians prennent irrésistiblement la barre après être sortis indemnes de la tempête initiale. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le meilleur finisseur de cette phase finale s'avère être… l'arrière gauche du Nigeria. "Je suis un arrière latéral moderne, j'aime aller de l'avant", a récemment déclaré Taiwo à FIFA.com. Cette 'modernité' est plus que jamais confirmée à la 34ème minute. A la réception d'une transversale d'Owoeri à 30 mètres des cages, il délivre une puissante frappe du gauche qui va se ficher au ras du second poteau nord-africain (0:1, 34'). Silence de cathédrale au stade Parkstad Limburg ; les supporters marocains ont du mal à en croire leurs yeux. Inoffensifs au cours d'un premier acte qui ne les a vus cadrer que deux frappes, les Marocains s'en remettent à l'incisif Mouhssine Iajour pour trouver la faille en attaque. Ce recours désespéré sera relativement inspiré puisque le numéro 9 sera le Lionceau le plus dangereux de la seconde période, de par ses courses tranchantes et son sens du placement. Le Maroc sans solution Mais cette tactique unidimensionnelle ne pèse pas lourd face à la détermination de Nigérians morts de faim. Sous les huées du public, Dele Adeleye reprend de la tête un corner de John Obi Mikel, mais le ballon va gifler le montant (55'). Cernées par des hordes de supporters rouges, les poches de résistants nigérians commencent à se faire entendre de plus en plus nettement. Ils vont aller crescendo en voyant le coup franc de 20 mètres tiré par Adefemi aller martyriser la barre transversale. Après deux tentatives repoussées par le cadre, on ne voit pas comment les talentueux Ouest-africains pourraient ne pas doubler la mise. A la 68ème toutefois, Tarik Bendamou semble initier les représailles des Lionceaux de l'Atlas. Mais sa frappe n'inquiète pas outre mesure le portier nigérian, qui la regarde passer au-dessus de sa transversale. Cette tentative restera sans lendemain. Deux minutes plus tard, Adefemi se rattrape de son premier échec en reprenant un corner de Mikel d'une tête imparable (0:2, 70'). Cette fois, les percussionnistes marocains semblent bel et bien avoir avalé leurs baguettes et mailloches. Et sur le terrain, tout le monde est désormais conscient que c'est la meilleure équipe qui va l'emporter. Ogbuke profite même d'un cafouillage défensif nord-africain pour enfoncer définitivement le clou d'un coup de casque (0:3, 75). Vexés, les Marocains perdent les pédales dans les dix dernières minutes, au cours desquelles deux des leurs se font exclure. Le sélectionneur marocain, Jamal Fathi, a rapidement trouvé les responsables de la défaite. "Nous pouvons jouer beaucoup mieux que nous ne l'avons fait ce soir, mais la pression exercée par les fans, les médias et tout le peuple marocain était un peu trop lourde à porter pour mes jeunes joueurs", a-t-il remarqué, le visage marqué par les regrets.


FIFA.com



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