Alger/Migrations: position commune africaine, avant une réunion avec l'UE

Date 6/4/2006 0:00:00 | Sujet : Maghreb

Des experts d'une cinquantaine de pays africains réunis à Alger pour débattre des questions migratoires ont défini une position commune mercredi pour lutter globalement contre ce phénomène en privilégiant des solutions fondées sur l'aide au développement.

Ni les barbelais, ni la mer, ni les le nombre élevé de morts. Rien ne décourage les candidats à l’immigration clandestine.

Ils ont adopté une série de recommandations à soumettre aux instances politiques de l'Union africaine (UA), dans la perspective de la conférence ministérielle Afrique-Union européenne (UE) sur les problèmes migratoires, prévue les 5 et 6 juin prochain à Tripoli.


"Notre démarche (...) la plus conforme à l'esprit de partenariat actif et de dialogue constructif que nous voulons maintenir, notamment avec nos partenaires européens, est celle qui prend en charge le phénomène migratoire dans sa globalité et qui privilégie les solutions fondées sur l'aide au développement", a expliqué le ministre algérien aux Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.


"Il serait vain de croire que le phénomène migratoire, la migration illégale en particulier, puissent être traités efficacement par le seul recours à des mesures restrictives et unilatérales, surtout si elles sont basées sur le tout sécuritaire", a déclaré le ministre dans son discours de cloture de la conférence, ouverte lundi.

"Le développement du continent, notamment avec l'aide tant promise par nos partenaires, est la seule solution durable", a-t-il dit après avoir souligné que la pauvreté, le sous-développement, la mal gouvernance et les conflits étaient "à la source d'une bonne partie du phénomène migratoire".


"La position africaine commune sur la migration et le développement (...) constitue une base de dialogue équilibrée, qui prend en charge, aussi bien les droits légitimes des migrants que les intérêts de l'Afrique et ceux de nos partenaires, notamment de l'Union européenne", a-t-il ajouté.

Dans leur déclaration finale, les participants à la réunion d'Alger estiment que "ces dernières années, la migration clandestine, très fortement encouragée par des réseaux mafieux à la recherche de gains faciles (...) a pris des dimensions alarmantes et dangereuses".


Ils interpellent la communauté internationale "pour aider à mettre fin au calvaire de millions de jeunes Africains, fuyant la misère et le sous-développement", indique le texte.


Les experts recommandent notamment la mise en oeuvre de l'engagement pris par les pays développés d'allouer 0,7% de leur PNB à l'Aide publique au Développement (ADP) et de soutenir les efforts de développement des pays d'origine et de transit des migrations.


Ils appellent également les Etats africains à renforcer au plan national "les mécanismes de lutte contre les filières du trafic des êtres humains", à mettre en place des cadres juridiques et à conclure des accords de coopération "pour gérer les migrations illégales".


L'Afrique est la partie du monde "la plus touchée" par la migration avec "près de 17 millions de migrants africains sur le continent, soit 2% de la population totale", avait rappelé lundi le chef de la diplomatie algérienne Mohamed Bedjaoui.


"Un Africain sur dix sera un migrant en 2025 si la tendance actuelle se maintient", avait-il indiqué, estimant que la lutte contre l'immigration illégale, "individuellement et collectivement", constituait une "impérieuse nécessité" pour les pays africains.





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