Les deux diplomates algériens enlevés le 21 juillet à Bagdad seront exécutés, a affirmé mardi le groupe du chef d'Al-Qaïda en Irak Abou Moussab al-Zarqaoui au moment où le Premier ministre polonais déclarait à Bagdad que son pays était déterminé à maintenir son contingent militaire. Photos non datées d'Ali Belaroussi et Ezzedine Ben Kadi, deux diplomates algériens enlevés en Irak
Les délégués arabes sunnites ont par ailleurs décidé de réintégrer le Comité chargé de rédiger la Constitution. Le projet de Constitution accorde une place prépondérante à l'islam, qui devient la source principale de la législation, indique par ailleurs une mouture publiée mardi par un journal irakien.
"Le tribunal islamique de l'Organisation Al-Qaïda en Mésopotamie (Irak) a décidé d'appliquer le verdict divin aux deux émissaires diplomatiques du gouvernement algérien apostat, le chargé d'affaires Ali Belaroussi et l'attaché diplomatique Azzedine Belkadi et de les tuer", selon un communiqué du groupe mis en ligne sur un site islamiste.
L'authenticité de ce communiqué, en date du 25 juillet, ne peut être établie. Le groupe a averti qu'il réserverait le même sort aux diplomates des pays arabes et islamiques en Irak dont "les gouvernements modernes et tyrans ont placé leurs législations et Constitutions au dessus de la charia", la loi islamique.
Le groupe de Zarqaoui avait déjà annoncé avoir assassiné le chargé d'affaires égyptien à Bagdad Ihab al-Chérif, enlevé le 2 juillet à Bagdad.
Ali Belaroussi, 62 ans, en fin de séjour à Bagdad avant sa retraite, et Azzedine Belkadi, 47 ans, affecté en Irak une semaine auparavant, ont été enlevés par des hommes armés alors qu'ils se trouvaient en voiture à environ 100 mètres de l'ambassade d'Algérie à Bagdad.
Un haut responsable du ministère irakien de l'Intérieur a indiqué lundi à Bagdad que deux suspects liés au rapt des deux diplomates ont été arrêtés récemment et qu'ils étaient actuellement interrogés.
Le dernier des diplomates algérien encore en poste à Bagdad après l'enlèvement, Bachir Belhadj, était en voie de rapatriement vers l'Algérie lundi, de même que l'épouse de M. Ali Belaroussi, a annoncé l'agence de presse algérienne APS.
Sur le plan politique, les 15 membres arabes sunnites du Comité de rédaction de la Constitution ont regagné cette instance après s'en être retirés la semaine dernière pour protester contre l'assassinat le 19 juillet de deux de leurs collègues membres de cette même communauté.
La date limite fixée pour l'adoption du projet de nouvelle Constitution par le Parlement est le 15 août et un référendum doit être organisé avant le 15 octobre.
"L'islam est la religion officielle de l'Etat, la principale source de législation, et aucune loi ne peut entrer en contradiction avec l'islam", précise une mouture du projet de Constitution qui peut encore être modifiée.
Il s'agit d'une inflexion beaucoup plus marquée de la religion par rapport à la Loi fondamentale provisoire et dans laquelle l'islam est "une" source de législation.
Par ailleurs, le Premier ministre polonais Marek Belka s'est entretenu à Bagdad avec son homologue irakien Ibrahim al-Jaafari, au lendemain d'un séjour similaire de son homologue australien John Howard.
"Nous sommes déterminés à maintenir notre contingent militaire en Irak", a déclaré à la presse M. Belka. A l'avenir, a-t-il précisé, les troupes pourraient se concentrer sur des missions d'entraînement, une fois la stabilité revenue dans ce pays.
Alliée de Washington, la Pologne commande en Irak une division multinationale de 4.000 hommes, dont 1.400 soldats polonais. Sur le front des violences, deux soldats irakiens et un agent de protection des oléoducs ont été tués mardi dans des attaques dans le nord de l'Irak.
Le ministre irakien de la Défense Saadoun al-Doulaïmi a pour sa part affirmé mardi que la plupart des voitures piégées en Irak venaient de Syrie par un point de passage désertique à la frontière entre les deux pays
|