a célébration le 30 mars de la journée nationale des personnes handicapées, sera axée cette année sur l'intégration scolaire des enfants en situation d'handicap, a indiqué la secrétaire d'Etat chargée de la famille, de l'enfance et des personnes handicapées, Mme Yasmina Baddou.
Mme Yassmina Baddou, Secrétaire d'Etat chargée de la famille, de l'enfance et des personnes handicapées.
Ce thème est d'une extrême importance d'autant que le processus d'intégration sociale et professionnelle des personnes handicapées commence dès l'enfance, en particulier à travers la scolarisation et l'éducation, a indiqué Mme Baddou dans un entretien à la MAP.
Présentant le programme de la journée nationale des personnes handicapées, la ministre a annoncé que le festival des enfants aux besoins spécifiques, organisé chaque année à cette occasion, sera de retour avec la particularité de s'ouvrir sur d'autres pays méditerranéens dont l'Espagne, l'Egypte, la Libye, la Turquie, l'Algérie, la Tunisie et Chypre.
Ce festival, destiné d'abord aux enfants à travers une programmation aussi riche que diversifiée (activités sportives et différents ateliers de création : peinture, sculpture, dessin, théâtre ), est aussi un forum pour les différentes associations travaillant dans le domaine de l'handicap, qui leur permettra d'échanger leurs expériences en la matière, a ajouté la ministre.
Evoquant la situation actuelle du handicap au Maroc, Mme Baddou a indiqué que l'année 2005 a été marquée par la réalisation d'une étude importante, l'enquête nationale pour le handicap, " qui a permis enfin d'avoir des données quantitatives et qualitatives sur le handicap dans notre pays ".
" C'est une étape importante et décisive pour l'avenir des interventions dans le domaine du handicap. Auparavant, il n'y avait aucun indicateur. On disait que d'après les données de l'OMS que les personnes en situation d'handicap représentent 10 pc de la population. L'enquête a révélé que 5,12 pc de la population marocaine est en situation d'handicap, soit 1,5 million de personnes ", a-t-elle dit.
L'enquête, qui revient aussi bien sur la nature du handicap et ses causes que sur les attentes de la population handicapée, va permettre de mettre en place un vrai plan d'action national destiné à prévenir les situations du handicap et à aider les personnes aux besoins spécifiques à s'intégrer dans la société marocaine, a ajouté Mme Baddou. " Ce plan, prévu pour une durée de dix ans, est en cours d'élaboration et nous espérons qu'il sera prêt pour le mois de septembre ", a-t-elle précisé.
Parallèlement à ce projet, plusieurs actions ont été menées pour favoriser l'intégration des personnes handicapées, a fait savoir la ministre, citant notamment le programme d'intégration scolaire des enfants handicapés. Ce programme, a-t-elle révélé, vise à garantir le droit à l'éducation aux enfants handicapés nécessiteux, à faciliter l'intégration par l'éducation et à convertir l'école ordinaire en une école intégrative. Il s'articule autour de trois volets essentiels, à savoir : l'éducation en milieu spécialisé pour les enfants portant un handicap lourd, l'éducation en milieu ordinaire pour les enfants ayant un handicap léger et l'éducation en milieu préscolaire.
Mme Baddou a révélé, à ce propos, que son département a pris en charge l'année dernière de 622 enfants handicapés nécessiteux dans les centres spécialisés contre 408 en 2003 et 524 en 2004. De même, il a été procédé, en partenariat avec le ministère de l'Education nationale, à la mise en place de 50 nouvelles classes intégrées, portant ainsi leur nombre à 200 classes. En matière de formation et d'insertion professionnelle, la ministre a mis l'accent sur les actions menées pour appuyer les 23 centres de formation professionnelle relevant des ONGs, faciliter l'accès des personnes handicapées aux centres publics et soutenir les projets générateurs de revenu, en plus du suivi de l'application de la décision réservant 7 pc des postes dans l'administration publique aux personnes handicapées. S'agissant du programme de réadaptation à base communautaire, qui vise à impulser une approche intégrée et participative favorisant la mobilisation des ressources au niveau locale pour répondre aux besoins des personnes handicapées, Mme Baddou a indiqué que son département envisage de généraliser cette expérience qui concerne actuellement les villes de Settat, Salé, Khémisset, Marrakech, Tanger, Chefchaoune, Berchid et Casablanca.
Evoquant le problème des accessibilités, Mme Baddou a rappelé l'existence d'une loi qui exige que le permis de construire ne soit délivré que si le bâtiment intègre cette question, regrettant toutefois que ce texte ne soit pas appliqué systématiquement.
Pour remédier à cette situation, la responsable a souligné que le secrétariat d'Etat a lancé en 2005 les travaux de concertation avec les différents acteurs et partenaires pour la réalisation d'une " charte sur les accessibilités " et a finalisé les décrets d'application de la loi sur les accessibilités. Et de préciser que " dés le mois de mai, nous allons vers les grandes villes du Maroc pour sensibiliser les intervenants (autorités locales, élus, agences urbaines ) sur l'importance de cette loi. Mais le problème, selon elle, subsiste pour le bâtiment existant qu'il faut adapter aux exigences de la nouvelle loi.