e sud des Etats-Unis, où le cyclone Katrina aurait fait des centaines de morts, était confronté mardi à une gigantesque catastrophe humanitaire, notamment à La Nouvelle-Orléans, noyée sous les eaux et quasiment coupée du monde.
"Les dégâts dépassent de loin nos plus grandes craintes", a déclaré le gouverneur de la Louisiane Kathleen Blanco alors que les secours paraissaient désorganisés face à l'ampleur du désastre. La situation ne cesse d'empirer à La Nouvelle-Orléans (Louisiane), submergée à 80% par les eaux, plongé dans le noir dont profitent des pillards.
Aucun bilan de victimes, même provisoire, n'était disponible 24 heures après que Katrina eut percuté de plein fouet la côte de trois Etats, Louisiane, Mississippi et Alabama. Les autorités évoquent des bilans sans certitude. Il y a peut-être "des centaines de morts sur la côte" du sud du Mississippi, a affirmé mardi Vincent Creel, le porte-parole de la mairie de Biloxi (Mississippi), une des villes les plus touchées par le cyclone Katrina.
Au moins 80 personnes auraient déjà perdu la vie dans la région côtière du Mississippi, a annoncé le gouverneur de l'Etat, Harley Barbour. Le bilan pourrait considérablement s'alourdir lorsque les réseaux de communication, largement affectés, permettront d'en savoir davantage. La situation est particulièrement critique à La Nouvelle-Orléans qui s'était réjouie dans un premier temps d'avoir échappé au pire avant de subir une inquiétante montée des eaux.
Le gouverneur de la Louisiane a dressé un tableau très sombre de l'agglomération de La Nouvelle-Orléans, forte de 1,4 million d'habitants. "Il n'y a plus d'électricité, et il n'y en aura pas pendant un bon moment (...) Il n'y a pas d'eau potable (...) Et il n'y a pas de nourriture. Nous allons devoir en envoyer aux secouristes et aux rescapés", a-t-elle indiqué, les yeux mouillés par l'émotion.
Le président George W. Bush a décidé d'écourter ses vacances et de rentrer à Washington mercredi pour coordonner les efforts engagés à la suite du cyclone. La pluie avait cessé mardi, laissant place à un soleil de plomb. Mais plus de 24 heures après le passage de Katrina, de gigantesques inondations compliquaient les opérations de sauvetage.
Notre tsunami à nous
Les garde-côtes indiquaient à la mi-journée avoir déjà secouru des milliers de sinistrés à La Nouvelle-Orléans, où les eaux continuaient de monter mardi. Une des digues sur un canal relié au lac Pontchartrain a cédé, répandant les eaux du lac vers le centre-ville. La majeure partie du réseau routier conduisant à La Nouvelle-Orléans, dont la majeure partie est construite sous le niveau de la mer, était inutilisable.
Dans la zone côtière du Mississippi, les dégâts sont "tout simplement énormes", a dit M. Barbour. Maisons et casinos sont détruits, l'autoroute submergée, et plusieurs ponts reliant les villes de la côte ont été emportés. "C'est notre tsunami à nous", a résumé le maire de Biloxi, A.J. Holloway.
"Nous en sommes toujours au stade des recherches et des secours d'urgence", a-t-il ajouté, notant qu'un bilan, en nombre de vies comme en termes de dégâts, ne serait possible que dans plusieurs jours. Des centaines de sauveteurs venus de tous les Etats-Unis continuaient d'affluer vers les régions touchées par le cyclone, malgré des routes inondées et encombrées de débris.
Des pompiers à bord de bateaux et des hélicoptères continuaient de recueillir des centaines de personnes qui s'étaient réfugiées sur les toits ou dans les greniers. Les dégâts contre les installations pétrolières du Golfe du Mexique ont relancé les cours du baril de pétrole brut qui ont enregistré un nouveau record à New York, clôturant à 69,81 dollars après avoir même atteint 70,85 dollars en séance.
Au total, 95% de la production quotidienne de pétrole du Golfe du Mexique était arrêté mardi, a indiqué le gouvernement américain. Les déclarations rassurantes de l'administration américaine, qui envisage de puiser dans les réserves stratégiques de pétrole, n'ont pas permis de soulager les cours.
Katrina risque par ailleurs d'être l'une des catastrophes naturelles les plus coûteuses pour les assureurs américains et ses dégâts seront sans doute lourds de conséquence pour l'économie. Le cyclone pourrait coûter entre 15 à 20 milliards de dollars aux assureurs, selon une estimation du numéro un mondial de la réassurance, l'Allemand Munich Ré.
Les dons commençaient à affluer de tout les Etats-Unis pour venir en aide aux régions ravagées, la Croix-Rouge américaine étant en première ligne pour venir au secours des sinistrés.