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Monde : Liban: quatre haut-responsables prosyriens déférés devant la justice

   
 
Posté par kamal le 31/8/2005 0:00:00 (4 lectures)

quatre membres de l'ex-nomenclature prosyrienne libanaise, dont un proche collaborateur du président Emile Lahoud, ont été maintenus en détention mercredi après avoir été interrogée par la Commission d'enquête de l'Onu sur l'assassinat de Rafic Hariri.

PHOTO: Jamil Sayyed, Ali el-Hajj, Raymond Azar, Nasser Qandil et Moustapha Hamdane


Il s'agit du chef de la Garde présidentielle en titre, le général Moustapha Hamdane, de l'ex-directeur général de la Sûreté générale, le général Jamil Sayyed, de l'ex-directeur de la sécurité intérieure, le général Ali el-Hajj et de l'ex-directeur des Renseignements de l'armée le général Raymond Azar.

L'ex-député prosyrien, Nasser Qandil, également convoqué mardi par la Commission, a par contre été remis en liberté, a-t-on appris mercredi de source judiciaire libanaise.

M. Qandil, les trois anciens officiers et l'actuel chef de la Garde présidentielle, interrogés par la Commission internationale en tant que "suspects", ont été déférés avec le texte de leur déposition devant la justice libanaise, seule habilité à décider de leur sort.

Les quatre officiers libanais prosyriens auraient préparé l'assassinat de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, selon la chaîne de télévision privée et le quotidien Al-Mostaqbal appartenant au groupe de médias de la famille Hariri.

"Ces personnes ont inspecté, la veille de l'attentat (qui a eu lieu le 14 février), le lieu du crime, la baie Saint Georges sur le littoral de Beyrouth", et "maquillé le lieu du crime afin d'induire en erreur les enquêteurs", selon le journal.

Selon le quotidien libanais à grand tirage An-Nahar, les convocations émises par la Commission sont intervenues après que M. Mehlis eut entendu dans un pays européen des officiers syriens ayant fait défection.

C'est après avoir entendu ces dépositions et s'être assuré de leur contenu après son retour à Beyrouth que M. Mehlis a décidé de convoquer les officiers de sécurité, ajoute An-Nahar.

Mardi, le président libanais Emile Lahoud, dont le mandat avait été prorogé en septembre sous la pression de Damas, a cherché à minimiser l'audition des responsables, dont son proche collaborateur, le général Moustapha Hamdane: "Nul n'a été arrêté, il s'agit uniquement de l'enquête en cours", a-t-il dit.

Il a aussi rendu hommage au général Hamdane, qu'il a qualifié d'"officier exemplaire".

Mais une partie de la presse libanaise soulignait mercredi que l'étau se resserre autour du chef de l'Etat libanais. "La Commission resserre l'étau autour du président Lahoud en tant que suspect et arrête ses principaux collaborateurs", titrait le quotidien à grand tirage As-Safir.

L'un des chefs de file de la nouvelle majorité antisyrienne, le chef druze Walid Joumblatt a déclaré que "le président Lahoud est fini". "Il ne pourra pas terminer son mandat et il faut d'ores et déjà préparer son remplacement", a-t-il ajouté.

M. Mehlis avait rencontré vendredi à Genève des officiers syriens des renseignements qui se trouvaient en poste à Beyrouth au moment de l'attentat à l'explosif contre Hariri. Rien n'a filtré de la teneur de cette "rencontre".

Le Conseil de sécurité de l'Onu avait appelé jeudi la Syrie, sans toutefois la nommer, à apporter sa pleine coopération à l'enquête après avoir entendu un rapport sur la progression des travaux de la Commission d'enquête qui avait souligné le manque de coopération de la Syrie.

Le président syrien Bachar al-Assad a par la suite affirmé que M. Mehlis "pourra entendre chaque (Syrien) qu'il souhaitera".

L'assassinat de M. Hariri, qui avait été imputé par l'opposition anti-syrienne aux "régimes libanais et syrien", avait accéléré le retrait des troupes syriennes qui se trouvaient au Liban depuis 29 ans. Elles ont quitté le pays fin avril conformément à la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'Onu.

La Commission Mehlis a été créée par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1595 le 7 avril et sa mission doit s'achever le 15 septembre. Mais elle pourrait être prolongée de trois mois en cas de besoin.

 
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