u moins 816 personnes sont mortes noyées, étouffées ou piétinées et 323 ont été blessées dans un mouvement de panique provoqué par la crainte d'une attaque sur un pont de Bagdad mercredi en plein deuil chiite, faisant de cette journée la plus sanglante depuis la chute de Saddam Hussein.
La très grande majorité des victimes ont péri noyées ou piétinées après un mouvement de panique sur un pont de Bagdad provoqué par une rumeur sur la présence de deux kamikazes parmi la foule.
Le Premier ministre Ibrahim Jaafari a immédiatement décrété trois jours de deuil national dans le pays, selon une source officielle. "Nous présentons nos condoléances aux pèlerins qui sont tombés en martyrs en cette journée anniversaire de l'imam Moussa al-Kazim", a déclaré le Premier ministre.
Le ministre irakien de la Santé, proche de la mouvance du chef radical chiite Moqtada Sadr, a publiquement appelé mercredi à la démission de ses homologues de l'Intérieur et de la Défense, les rendant responsables de la bousculade mortelle de Bagdad.
Le ministère de l'Intérieur est détenu par Bayane Baqer Soulagh du Conseil suprême de la révolution islamique (CSRII), parti chiite de gouvernement dirigé par Abdel Aziz Hakim alors qu'un sunnite Saadoun al-Doulaïmi se trouve à la tête du ministère de la Défense.
Des milliers de pélerins traversaient alors un pont du Tigre séparant les quartiers Adhamiyah et Kazimiyah dans la partie centre-nord de la capitale pour rejoindre le mausolée de l'imam Moussa al-Kazim, dont les chiites d'Irak célébraient l'anniversaire de la mort.
Selon une source sécuritaire, la barrière de sécurité du pont a cédé sous la poussée de la foule prise de panique à la suite de la rumeur sur la présence de kamikazes. Des centaines de pélerins ont plongé dans le Tigre et se sont noyés.
Dans une déclaration à la télévision, le ministre irakien de la Santé Abdel Mouttaleb Mohammed Ali, a indiqué que plusieurs autres avaient péri étouffés ou piétinés.
Durant cette journée de deuil, sept personnes ont par ailleurs été tuées dans des attaques au mortier intervenues plus tôt dans la matinée contre le mausolée de l'imam Moussa al-Kazim et un "nombre indéterminé" d'autres sont mortes empoisonnées après avoir absorbé de l'eau et des produits alimentaires frelatés.
M. Mohammed Ali a qualifié de "terroristes" les attaques au mortier contre le mausolée al-Kazim. Il a confirmé les cas d'empoisonnements mortels parmi les pélerins, en soulignant qu'ils avaient été "mis en garde contre la consommation de produits alimentaires offerts par des inconnus".
L'armée américaine a indiqué, dans un communiqué, que ses hélicoptères avaient riposté aux tirs au mortier intervenus vers 08H00 (04H00 GMT) et que ses troupes au sol avaient interpellé plus d'une douzaine de suspects.
La Cité médicale du centre de Bagdad a accueilli le plus grand nombre de victimes, selon la source de sécurité, qui indique que 318 morts y ont été transportés en plus de 70 blessés. Les autres victimes ont été réparties dans les principaux établissements hospitaliers de la ville: Noomane, Adnane, Kindi et Khark.
Des dizaines de proches des victimes étaient rassemblés dans l'hôpital, certains pleurant et d'autres tentant d'obtenir des informations sur des parents ou des amis.
Des milliers de fidèles participent à des processions pour marquer l'anniversaire de la mort de Moussa al-Kazim, septième imam des chiites, qui a été empoisonné, selon la tradition.
Cette célébration a été pourtant entourée d'importantes mesures de sécurité de crainte d'une attaque contre les fidèles.
Cette journée sanglante intervient au lendemain de raids contre les repaires du groupe d'un chef du réseau Al-Qaïda appelé Abou Islam, près de la frontière syrienne, qui ont fait au moins 56 morts.