Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy de "référents idéologiques" seraient expulsés
En situation irrégulière, Reda Ameuroud avait été placé en centre de rétention après avoir été arrêté le 13 juillet lors d'une "opération de prévention du terrorisme", près de la rue Jean-Pierre-Timbaud (XIe), où est installée une mosquée notamment fréquentée par des radicaux.
Surveillé par la Direction de la surveillance du territoire (DST) et les Renseignements généraux (RG), Ameuroud fait partie de la dizaine de "référents idéologiques" repérés, en plus d'une dizaine d'imams radicaux, en raison de leurs discours haineux et violents.
Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a indiqué, dans un entretien au Parisien paru vendredi, qu'une dizaine d'entre eux seraient expulsés d'ici à la fin août.
Un autre Algérien, Abdelhamid Aissaoui, 41 ans, a été expulsé le 23 juillet. Cet "imam occasionnel", selon le ministère de l'Intérieur, avait été condamné à quatre ans d'emprisonnement pour sa participation à la tentative d'attentat contre le TGV à Chasse-sur-Rhône (Isère) le 26 août 1995. Cette condamnation était assortie d'une interdiction définitive du territoire.
Reda Ameuroud était à son arrivée en France, au début des années 1990, un petit délinquant qui a fini par basculer dans l'islam radical, selon des sources proches du dossier. "C'est un des parcours que l'on retrouve chez ces jeunes salafistes", commente une source policière.
Son frère, Abderahmane Ameuroud, 27 ans, qui a passé 14 mois en Afghanistan en 1999-2000, a été condamné en mai à sept ans d'emprisonnement pour avoir offert un soutien logistique à deux Tunisiens qui ont assassiné le commandant Massoud en 2001.
Selon une source policière, la trace de Reda Ameuroud apparaît sous une identité d'emprunt en 1991, année durant laquelle il est arrêté à plusieurs reprises, notamment dans des petites affaires de stupéfiants.
En 1992, après s'être livré à des violences sur un policier, il fait l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière non exécuté. A nouveau arrêté fin 1993 dans une affaire de stupéfiants, il est expulsé à l'automne 1994.
Selon ses déclarations, Ameuroud serait revenu clandestinement en France quelques mois plus tard. Sa présence est attestée par une demande d'asile à l'Ofpra en 1996, date à laquelle il est hébergé par de la famille en Seine-Saint-Denis, selon une source proche du dossier.
Un peu plus d'un an plus tard, il est une nouvelle fois reconduit en Algérie après avoir été contrôlé à Londres avec une fausse carte d'identité.
La première manifestation de son basculement dans l'intégrisme date de 2000: il est alors repéré parmi un groupe de jeunes extrémistes près de la mosquée de la rue Jean-Pierre Timbaud, connue pour accueillir des radicaux. Il vit alors dans le quartier, chez les uns et les autres.
A cette époque, Ameuroud fréquente Karim Bourti, selon une source proche du dossier. Condamné en 2000 pour sa participation au réseau qui projetait un attentat pendant le Mondial de 1998, Bourti est emprisonné depuis 2003 dans un autre dossier antiterroriste. Il est réputé proche du mouvement islamiste armé algérien, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui inquiète les autorités françaises.
Sans savoir qu'il est observé, Ameuroud commence il y a quelques mois à se livrer, dans la rue Jean-Pierre Timbaud, à "des prêches appelant au djihad à l'intention d'une vingtaine de jeunes acquis à son discours", selon une source proche de l'enquête.
Il aurait également des connaissances communes avec Farid Benyettou, recruteur présumé de jeunes candidats au djihad en Irak dans le XIXe arrondissement de Paris, arrêté en janvier, ajoute-t-on.