es grands noms japonais de l'électronique, Sony en tête, ont affiché une surprenante bonne santé au dernier trimestre 2005 malgré un environnement toujours rude, insufflant un vent d'optimisme à la bourse de Tokyo qui a bondi de près de 9% en huit séances.
PHOTO: Le siège de Sony à Tokyo
Boom mondial des téléviseurs à écran plat, guerre des prix moins intense que prévu et chute du yen apparaissent comme les trois grands facteurs de ce retour à la forme d'un secteur à l'importance cruciale pour la seconde économie mondiale, et qui éprouvait quelques difficultés ces derniers mois.
Le géant Sony a ouvert le bal le 26 janvier en annonçant contre toute attente que son bénéfice net s'était envolé de 17,4% au troisième trimestre 2005-2006 et qu'il prévoyait désormais de finir l'exercice largement dans le vert, alors qu'il tablait auparavant sur une perte.
"Je pense que la marque Sony a recouvré sa bonne image", s'est félicité le directeur financier, Nobuyuki Oneda, trois mois à peine après l'annonce d'un plan de restructuration draconien chez l'inventeur du Walkman, qui va se traduire par 10.000 suppressions d'emplois.
Les ventes de téléviseurs à écran plat, en pleine expansion partout dans le monde, expliquent en grande partie les bonnes performances de Sony et de la plupart de ses pairs. A quoi il faut ajouter la faiblesse du yen par rapport au dollar et à l'euro qui dope les exportations.
De plus, la guerre des prix faisant rage depuis des mois dans le secteur semble avoir été moins violente qu'escompté initialement.
"Les télévisions plasma se sont vendues à des prix plus hauts que ce que nous pensions. Le prix n'ont pas dégringolé tant que ça", a commenté Hajime Ishizuka un des directeurs de Pioneer.
Lui aussi en pleine restructuration avec 2.600 suppressions de postes programmés, Pioneer a réussi à réaliser un petit bénéfice au troisième trimestre 2005-2006. "Les marchés pour les télévisions plasma grandissent plus rapidement que prévu aux Etats-Unis et en Europe", a expliqué M. Ishizuka.
PHOTO: Enseigne Sharp à Yokohama
S'il admet avoir quelque peu pâti de la guerre des prix, le numéro un mondial de l'électronique grand public Matsushita, plus connu sous les noms de ses marques Panasonic et National, a vu son bénéfice net progresser de 38,5% sur les trois derniers mois de 2005 grâce à des réductions de coûts agressives, et à l'explosion du marché des produits numériques.
"Le monde est en train d'opérer un virage majeur de l'analogique vers le numérique", a commenté le directeur exécutif de Matsushita, Tetsuya Kawakami.
"En particulier, la demande des téléviseurs à écran plat est en train de monter à l'approche des jeux Olympiques d'hiver et de la Coupe du monde de football", a-t-il ajouté.
Cette vague de remplacements des anciens téléviseurs à tube cathodique par des écrans plasma ou LCD et des vieux appareils photo à film par des modèles numériques profite à plein aux leaders japonais de ces spécialités.
Sharp, le champion des écrans plats à cristaux liquides, a ainsi vu son bénéfice bondir de 25,8% d'octobre à décembre. Canon, leader des appareils photo numériques haut de gamme, a annoncé un bénéfice record pour l'ensemble de l'année 2005, et s'attend à faire encore mieux en 2006.
Quant à Toshiba, il a carrément multiplié par treize son bénéfice du troisième trimestre 2005-2006. Même Sanyo, qui fait face à de sérieuses difficultés et a annoncé 14.000 licenciements l'été dernier, est légèrement revenu dans le vert au cours de ce trimestre, tout en prévoyant toujours de finir l'exercice 2005-2006 sur une lourde perte.
Ces bonnes nouvelles ont dopé l'optimisme des investisseurs à la bourse de Tokyo. Après une semaine noire due au scandale de malversations chez le groupe internet Livedoor, l'indice Nikkei a progressé de 8,79% depuis le 23 janvier à 16.710,55 points, son plus haut niveau depuis septembre 2000.