près avoir tenté en vain de modérer l'ardeur de ses compatriotes pour les téléphones portables, l'écrivain français Phil Marso tente d'imposer le langage SMS comme genre littéraire à part entière.
La croisade de cet auteur de polars de 43 ans très concerné par les "faits de société (il a écrit "Tueur de portable, sans mobile apparent" en français traditionnel) le mène cette semaine à Bruxelles, où il espère trouver des oreilles plus attentives à son combat que dans l'Hexagone.
"J'ai essayé de lancer la +journée sans portable+ il y a six ans. Mais il faut bien constater que les téléphones portables sont devenus incontournables", explique Phil Marso à l'AFP.
"Néanmoins, j'aimerais bien que les gens soient plus discrets dans les lieux publics et qu'ils privilégient plutôt l'usage du SMS", ces messages écrits courts dont raffolent, notamment, les adolescents.
Pendant trois jours (les 4, 5 et 6 février), l'auteur parisien va proposer aux Belges de brider leurs ardeurs téléphoniques. "Un truc marrant, c'est de couper son portable pendant 24 heures, pour voir si on est vraiment accroc (...) Les plus atteints peuvent déjà commencer avec deux heures de sevrage", rigole Phil Marso.
De fil en aiguille, celui qui continue à se promener sans portable est devenu un véritable spécialiste du SMS. Il compte aujourd'hui à son actif cinq ouvrages rédigés dans ce langage faisant la part belle aux abréviations et aux raccourcis en tous genres, dont sa propre version des Fables de Jean de la Fontaine.
Ce qui donne, pour l'ouverture d'une des plus connues : "mètre korbo, sur 1 arbre p'Rché, tenè en son bek 1 froma'J"...
Plus qu'un reflet de la couleur du temps, l'utilisation du style SMS "peut créer un déclic chez les gens qui n'ont jamais beaucoup écrit", explique Phil Marso.
Sur le web :
Le site de Phil Marso