range a gagné vendredi le droit de signer un chèque de 29 millions d'euros par an pour continuer à diffuser, à partir de 2006 et jusqu'en 2008, sur ses téléphones portables des images du Championnat de France de football, augmentant sa contribution actuelle de près de 200%.
Drôle de coincïdence: à l'heure où le conseil d'administration de la Ligue (LFP) déclarait Orange vainqueur de l'appel d'offres dans les locaux de la LFP à Paris (XVIe), un incident affectait son réseau dans ce même arrondissement, empêchant momentanément des présidents de club de répandre la bonne nouvelle ou des journalistes de diffuser l'information. Ne restait plus qu'à utiliser l'appareil d'un autre opérateur ou un téléphone fixe...
Un peu plus d'un an après le coup de tonnerre des droits TV de la Ligue 1, remportés par Canal+ pour 600 M EUR par saison, le football professionnel français a en tout cas encore décroché la timbale, valorisant ses droits mobiles (3e génération) à la hauteur de ceux du Championnat d'Angleterre (30 M EUR par an). Depuis 2001, Orange versait 8 M EUR par an.
"Ce résultat, qui va au-delà de nos espérances, souligne encore si besoin était les convoitises que suscite le football français aujourd'hui", résumait le président de Lens et de l'UCPF (syndicats des clubs) Gervais Martel.
"C'est une grande satisfaction, nous avons rattrapé notre retard sur la Premier League mais ne faisons pas de triomphalisme", réagissait plus modestement le président de la LFP Frédéric Thiriez, après la victoire d'Orange face à SFR et eTF1.
Concrètement, les contrats remportés par Orange portent sur les droits de la Ligue 1 pour les saisons 2006-2008 et sur ceux de la Ligue 2 pour la seule saison 2006-2007, afin d'aligner les contrats mobiles sur les contrats TV.
"L'horizon 2008 est très important, nous le préparons déjà, a d'ailleurs souligné le patron de la LFP. Notre but est de lancer à ce moment-là un appel d'offres multimédia. On ne raisonnera alors plus par support (TV, téléphone) mais plutôt par produit".
Une logique inévitable pour la LFP, qui trouve là un moyen efficace de parer le grand danger qui la menace: la fusion en cours de Canal+ et TPS. Laquelle, par la suppression prochaine de la concurrence dans le secteur de la télévision payante, fera inéluctablement chuter les recettes d'un appel d'offres uniquement TV.
Une procédure qui engloberait tous les droits multimédia pour toute la Ligue 1, avec des candidats du poids financier d'Orange (CA de 19,6 milliards d'euros en 2004, contre seulement 3,6 milliards d'euros pour le groupe Canal+ en 2004), pourrait ainsi s'avérer une nouvelle fois fructueux pour les clubs pro français, déjà très bien lotis.