es milieux arabes et musulmans à Londres ont condamné les attentats terroristes aux Etats-Unis, mais ont aussi exprimé leur colère à la suite des accusations portées de manière hâtive contre le monde arabe.
"C'est trop facile de goudronner les arabes avec la brosse du terrorisme et nous pensons que ceci est injuste et un tort", a indiqué, mercredi, Cyril Townsend, du Council for the advancement of Arab-British Understanding" (Conseil pour l'essor de la compréhension arabo-britannique).
Les organisations palestiniennes qui ont été mentionnées sont extrêmement petites et incapables de mener de telles attaques", a-t-il notamment déclaré à Reuters.
De son coté, Zaki Badawi, président du Muslim College s'est dit choqué par ces attaques contre le World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington, soulignant que "notre réaction est celle de l'horreur de la condamnation absolue". et de préciser qu'"il ne peut y avoir de justification religieuse ou éthique à ces attaques".
Selon lui, la presse britannique n'a pas été "équilibrée" dans sa
couverture de ces événements alors que les média américains "ont essayé d'être équilibrés, ayant l'expérience de l'attentat d'Oklahoma", attribué en premier lieu aux arabes et musulmans alors qu'il s'est avéré être l'oeuvre d'un américain.
Badawi a, par ailleurs, indiqué qu'il allait protester auprès de la BBC pour sa couverture de ces événements.
Osman Mirghani, rédacteur-en-chef du quotidien arabophone Al Sharq al awsat", a déclaré, pour sa part, qu'il était trop tôt de connaître qui est responsable.
"La presse est en train de montrer du doigt les organisations arabo-musulmanes. Ceci est prématuré. L'administration américaine s'abstient jusqu'à présent de montrer du doigt" qui que ce soit, a-t-il souligné avant d'ajouter que "les média ont tendance à recourir à des sténotypes et à généraliser et ceci tend à créer des sentiments antagoniques".
Le Premier ministre britannique Tony Blair avait, rappelle-t-on, exhorté les musulmans britanniques à sortir de leur silence et à publier un communiqué condamnant en public ces attentats.
Interrogé lors d'une conférence, mercredi à Londres, M. Blair a ensuite expliqué cet appel par le fait qu'il désirait voir les musulmans britanniques se joindre aux autres musulmans à travers le monde, notamment aux Etats-Unis, qui se sont empressés de condamner ces attaques. Selon lui, l'islam qui interdit ce genre de comportement, ne peut être visé, car il ne s'agit pas de conflit entre les musulmans et l'occident mais entre des forces fanatiques et obscurantistes et le monde libre et démocratique.
Par ailleurs, les dirigeants religieux de Grande Bretagne se sont réunis, mercredi, au Lambeth Palace, siège de l'église anglicane pour condamner les attentats de New York et Washington. "Nos coeurs vont au peuple d'Amérique et à tous ceux en deuil. Nous prions pour eux et avec eux", ont indiqué ces dirigeants des religions musulmane, protestante, catholique et juive, dans un communiqué publié dans la soirée.
"En tant que dirigeants chrétiens, juifs et musulmans, nous croyons qu'il est vital, au milieu de telles angoisses et souffrances, de cultiver tout ce que nous avons en commun et résister à tout ce qui peut nous diviser", poursuit ce communiqué signé par l'archevêque de Canterbury de l'église anglicane, le Dr George Carey, le rabbin Johnathan Sacks, le directeur du Muslim College, le Dr. Zaki Badawi et le dirigeant de l'église catholique romaine, le cardinal Cormac Murphy O'connor.
MAP