a commission de l'Onu sur l'assassinat de Rafic Hariri veut rencontrer le président syrien, Bachar al-Assad, et son ministre des Affaires étrangères, Farouk Chareh, après les déclarations fracassantes de l'ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam qui ont apparement accéléré le cours de...

PHOTO: Le président syrien Bachar al-Assad.
La commission de l'Onu sur l'assassinat de Rafic Hariri veut rencontrer le président syrien, Bachar al-Assad, et son ministre des Affaires étrangères, Farouk Chareh, après les déclarations fracassantes de l'ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam qui ont apparement accéléré le cours de l'enquête.
Une porte-parole de l'Onu à Beyrouth a indiqué que cette commission, créée en avril par la résolution 1595 du Conseil de sécurité, "attendait la réponse des autorités syriennes à sa demande de s'entretenir avec MM. Assad, Chareh et avec d'autres Syriens".
Nasrat Hassan a ajouté que "la commission souhaite rencontrer le plus tôt possible", M. Khaddam, dont les révélations, vendredi, ont donné "un coup d'accélérateur" à une enquête qui faisait du surplace. M. Khaddam avait soutenu, dans un entretien avec la chaîne Arabiya, que le président syrien avait proféré des menaces contre Rafic Hariri et ne pouvait ignorer le projet de son assassinat, "car aucun service de sécurité ne pouvait agir en dehors de la connaissance de M. Assad".
Selon le quotidien libéral an-Nahar, la commission a constaté que les déclarations de Khaddam "étaient identiques à ses conclusions". "C'est un témoignage historique", a dit dimanche Saad Hariri, fils de l'ancien Premier ministre assassiné en février 2005 à Beyrouth, alors sous contrôle syrien. "Khaddam a donné un coup d'accélarteur à une enquête qui souffrait des manipulations syriennes illustrées par la défection de témoins syriens exploitée par les médias de Damas", a déclaré, l'ancien ambassadeur du Liban aux Etats-Unis, Simon Karam.
M. Karam précise toutefois "qu'en dépit des difficultés qu'elle a rencontrées, la commission n'a pas reculé et a répété ses accusations qui vont jusqu'à la tête du régime syrien". "Le Conseil de sécurité n'a pas lâché prise même si sa dernière résolution semblait moins incisive", a-t-il ajouté. "La Commission a renouvelé une ancienne demande, toujours d'actualité, celle d'interviewer Assad et Chareh", a-t-il relevé. La Commission onusienne avait essuyé par le passé un refus à la demande de son chef, le magistrat allemand Detlev Mehlis de rencontrer MM. Assad et Chareh.
M. Mehlis, mis au courant des menaces prononcées par M. Assad à l'encontre de Rafic Hariri par des témoins avait cherché en vain à entendre le président syrien. Il voulait également rencontrer M. Chareh, accusé d'avoir menti en écrivant à la commission que Rafic Hariri n'avait pas reçu de menaces. M. Chareh, avait dit alors être prêt à rencontrer la commission lors de ses déplacements en Europe. Le Conseil de sécurité a voté le 15 décembre, à l'unanimité, la résolution 1644 enjoignant à nouveau la Syrie à coopérer avec la commission d'enquête dont le mandat a été renouvelé de six mois.
M. Mehlis avait conclu dans deux rapports d'étape à l'implication de responsables syriens et libanais dans l'assassinat de Rafic Hariri. Une version confidentielle du rapport d'octobre citait Maher Assad et Assef Chawkat, respectivement frère et beau-frère du président syrien.
Damas, qui n'a cessé de répèter sa volonté de coopérer, a accepté en novembre que cinq officiers, dont l'ancien chef des services de renseignement syrien au Liban, Roustom Ghazalé, dépeint par Khaddam comme un tueur potentiel, soient interrogés à Vienne. En septembre, la commission d'enquête avait interrogé une dizaine de responsables en Syrie dans des conditions qu'elle avait jugé "déplaisantes". La Syrie avait crié victoire après la rétraction d'un témoin-clef, Hassam Hassam, apparu subitement à Damas après avoir témoigné au Liban.
M. Mehlis qui a décidé de ne pas renouveller sa mission doit être remplacé par le juge belge Serge Brammertz, à partir du 10 janvier. La décision de M. Mehlis avait été présenté par Damas comme "un échec".